Clos du Porteau - pêle-mêle

Un domaine et de grandes ambitions agricoles

La biodiversité retrouvée sur les différentes parcelles oblige à un énorme travail au quotidien ; l’objectif étant à la fois de la faire perdurer et de la développer. L’efficacité de ce travail se mesurera au court des prochaines années… Il faut trouver un équilibre entre maintenir cette biodiversité et limiter la concurrence à la vigne, permettre les travaux manuels et mécaniques de la culture sans revenir à un modèle de culture conventionnel.

Vigne grappe raisin noir - Vue macro

Aujourd’hui le domaine compte à peine une dizaine d’hectares, une taille raisonnable pour permettre de travailler minutieusement chaque îlot de parcelles en fonction de son environnement et de son type de sol. Il compte 4 grands environnements à développer :

  • les sables du Bord du Cher,
  • les sables de Tabureau,
  • les argiles à silex du Porteau,
  • les argiles profondes des Noues Mozelles.

Les vignes sont implantées sur une roche dégradée du calcaire; le tuffeau. Chaque été, ces terres redonnent les pluies mises en réserves dans la “tuffe” pendant l’hiver pour ne jamais laisser la vigne souffrir de la sécheresse, idéal pour ce cépage de Touraine: le Sauvignon blanc !

Sur cette roche calcaire se trouvent ensuite deux sols très différents.

Les « terroirs de Chenonceaux », ou ancien lit du Cher, dont le sol est composé essentiellement de sable et de gros galets charriés par le fleuve quelques siècles auparavant. Ce sol pauvre va donner des rouges plus fins, plus délicats et les blancs y seront plus frais, plus subtils.

Sur les « terroirs d’Aubuis », les parcelles sont très argileuses et riches en pierre de silex. Le sol est difficile à travailler et les vignes mettent du temps à s’enraciner dans les profondeurs, mais une fois établies, elles donneront des vins plus complexes, concentrés et charnus, aussi bien en rouge qu’en blanc.

plantation vigne zoom

Pour développer chacun de ces ilots, il est important d’observer l’évolution de la vigne au fur et à mesure des travaux. Certaines parcelles ont répondu tout de suite ; elles étaient comme dans les « starting blocks », prêtes à produire à nouveau. D’autres étaient déjà trop vieilles ou trop envahies pour permettre de les relancer.

Le travail de chaque parcelle est étudié et réfléchi en fonction :

  • de son sol
  • des espèces implantées et de l’enherbement
  • des arbres et bosquets autour
  • de sa topographie
  • des couloirs de vent
  • de la circulation de l’eau
  • du cépage, de l’âge, de la vigueur et de l’évolution de son rendement
  • du vin souhaité etc.



La conduite en agriculture biologique est une évidence. Les produits phytosanitaires sont réduits autant que faire se peut, mais les recherches vont bien au-delà. La priorité est bien dans la santé agronomique de chaque parcelle, pour apporter de la vie au sol et donc à la plante.

Les engrais chimiques sont substitués par des amendements organiques, venant autant que possible des agriculteurs bovins et caprins alentour.

Le travail du sol reste en surface, car le respect des équilibres dans le sous-sol et le sol, qui furent parfois oubliés, sont aujourd’hui une priorité. Ce sol ne reste jamais nu pendant l’hiver.

paturage vigne moutons

Un troupeau de moutons vient régulièrement pâturer dans les parcelles du domaine. Ils tondent l’herbe et apporte de la matière organique.

Avant de recevoir une nouvelle plantation, les sols sont cultiver pendant au minimum deux ans avec des mélanges de couverts végétaux, pour améliorer l’activité biologique dans le sol et ainsi favoriser l’implantation de la future vigne.

Ce travail agronomique a permis de diviser par deux les meilleures années, la quantité et les passages de traitements dans les vignes. Le rucher au sein des vignes est le témoin de la recherche de biodiversité et de réduction de ces intrants du domaine. En effet, les abeilles sont un marqueur fort du respect de l’environnement et de ces équilibres. Dès que l’homme abuse des produits phytosanitaires, elles en meurent. Hermine est donc fière que sa passion apicole ait pu se concrétiser ces dernières années.

Chaque saison est une nouvelle occasion pour engranger de nouvelles connaissances techniques, tester de nouvelles innovations pour améliorer la vie des sols, la qualité de son environnement et des vins, tout étant évidemment liés. Le bilan carbone de l’exploitation a été calculé et permet de réduire au mieux les sources d’émissions.

Dans un avenir proche, une grande parcelle de 3ha, qui représentera 25% du domaine sera l’occasion d’aboutir une réflexion d’agroforesterie. Aujourd’hui en construction, cette parcelle sera à la fois un retour dans le passé et la réunion de toutes nos améliorations futures. cette grande parcelle devra permettre de réduire les travaux mécaniques et manuels au minimum, de proposer une alternative à la viticulture moderne, d’installer une vigne dans un environnement arboré comme elle a pu le connaitre avant qu’elle soit cultivée par les hommes, et de multiplier la diversification de produits comme le cidre, le verjus et le miel. Cette parcelle sera à la fois un retour dans le passé et la réunion de toutes nos améliorations futures.

Clos du Porteau - jardin fleuri